ENCORE UNE FOIS...


  

Encore une fois…Je me suis trompé !

Cela fait tellement d’années que je prends une voie et que j’ai l’impression d’être à nouveau dans une ruelle sans issue que je vais croire que je dois le faire exprès.

Depuis que je suis jeune enfant, je l’écris sur mon journal : quel est mon chemin d’existence ? Qui suis-je ?

Comme il est surprenant de réaliser que 60 ans après j’en suis toujours là !

J’ose croire que pour beaucoup la question ne se pose plus et qu’ils avancent comme ils le souhaitaient dans une vie qu’ils ont construite bien longtemps après s’être posé cette question. Ou peut-être ne se sont- ils même pas interrogés ? Elle me dévore depuis ma plus tendre enfance, cette question. Dois-je croire que je me suis fourvoyé depuis mes jeunes printemps ?

Comment puis-je être alors que je ne sais même pas où et comment avancer ?

 

« Rien n’est acquis » est mon adage depuis bien longtemps. L’erreur serait peut-être de croire que nous ne créons pas notre propre destinée. Il pourrait y avoir une sorte de multivers de hasards et nous surferions de l’un à l’autre dans nos choix et par conséquent notre construction.

C’est pour cela que croyant voir une réponse à nos questions existentielles nous nous engouffrons dans une voie qui ne serait pas vraiment la nôtre ?

 

Il existe une multitude d’outils plus ou moins discutables qui servent de boussole.

Entre la voyance et les cartes, l’astrologie et le coaching, les conseilleurs et les praticiens spirituels, certains y trouvent un moyen de poser à un moment présent une direction à prendre. Mais n’est-ce pas aussi une erreur ?

 

Dois-je prendre un avis supposé juste et mettre en œuvre ce qui m’est proposé par une personne extérieure ? Dans les rapports humains, il est très facile d’observer et d’influencer. Nous vivons d’ailleurs dans un monde où cette pratique explose : les influenceurs. Ce qui surprend c’est la légèreté de l’Homme du 21ème siècle d’accepter d’être « piloté » dans ces choix alimentaire, vestimentaire ou même dans toutes ses décisions, « connais-toi toi-même » écrivait Socrate, aurions-nous oublié ?

 

La vie est bien courte quand on passe son temps à chercher une direction. J’ai rencontré des passionnés qui s’expriment dans ce qu’ils font. J’ai dans mon entourage des personnes qui sont en harmonie, ou du moins j’en ai l’impression.

« Choisis un travail que tu aimes et tu n'auras pas à travailler un seul jour de ta vie » disait Confucius. Je crois que ces êtres « d’exception » ont suivi cette voie. Mais le travail, même si très présent dans notre cycle de vie n’est pas le seul fondamental.

 

Il existe à priori au moins deux voies de vie : ce que nous sommes, et ce que nous voulons être. Et cela ne s’arrête pas au travail. Il existe tellement de personnes qui ont réussi professionnellement, avec cette philosophie confucéenne, et qui sont en quête de bonheur, usant du paraître à ne plus savoir que faire.

 

La vie ne tourne pas uniquement dans une construction matérielle mais elle suit visiblement un cycle d’évolution qui répond à un temps d’existence.

 

Je ne suis pas certain que la biche que je vois dans mon champ ce matin ne soit pas heureuse d’être ce qu’elle est. Les oiseaux qui chantent le retour du printemps me réjouissent de bonheur que je partage avec eux.

 

Nous les Humains, nous sommes toujours en quête de sens. Un sens à notre vie « qui suis-je ? », « qui étais-je ? », « quel est mon avenir ? », « comment être heureux ? ».

 

Pour la dernière question, j’ai déjà un début de réponse : ne pas se poser cette question !

Le bonheur est éphémère, il ne se vit vraiment que sur un moment de présence, qui se répète à chaque cycle de vie. Et cela est propre à toutes les espèces.

Comme il est enseigné dans le bouddhisme par la première des « quatre nobles vérités », quel que soit nos convictions spirituelles : nous connaissons de la souffrance, dès notre naissance, et ce jusqu’au passage de la faucheuse.           

 

Personne n’en doute. Mais il serait aussi intéressant de regarder entre les moments dits de souffrance, naissance, maladies, souffrances et mort, les fenêtres de joie, de plaisirs, de satisfaction. L’éphémère bonheur est malgré tout présent dans notre existence.

 

Donc, et en adéquation avec la deuxième noble vérité, c’est dans mes décisions (et non celles que l’on va me conseiller) que je vais vivre ces instants de bonheur, ou ne pas les vivre. Mes choix m’appartiennent, et mes mauvais choix aussi.

 

Mais, dans le fond, y a-t-il des mauvais choix ? En fait c’est cela la bonne question à se poser. J’entends parler chez les « coach » modernes du concept d’inconfort. « Je sors de ma zone de confort, je suis dans l’inconfort, j’ai du stress, c’est normal car l’humain est un être de confort…».

A cela je répondrais simplement, donnez-moi un être vivant qui ne cherche pas à exprimer sa vie dans une zone de confort. L’important serait de définir cette « zone ». Les sportifs, les artistes, les entrepreneurs s’expriment dans un risque permanent et n’y trouvent pas d’inconfort. Ils vivent ce qu’ils sont.

 

Le karma est la loi de la cause à effet, ne pas confondre avec le dharma qui est le principe d’équilibre de vie. Donc quand je me trompe, j’induis une conséquence mais qui peut être positive comme négative. Et c’est dans l’essence de ce principe qu’il faut aller.

 

Loin de penser que c’est le karma qui nous conduit à une destinée, malgré des convictions bouddhistes avérées, je crois que se tromper n’est ni écrit dans la table de vie à la naissance, ni un acte manqué, et encore moins un mauvais choix de vie. C’est à mon sens une expérience.

Elle apporte un enseignement et peut éventuellement conforter une direction autre. C’est le « wabi-sabi » (concept esthétique propre à la philosophie Japonais), pratique  de l’existence de chacun, cette imperfection dans la perfection afin de nous renforcer et nous grandir.  

Dans les principes du Bazi *Chinois ou « les quatre piliers de la destinée », il y a ce que l’on appelle la chance de l’homme. Selon cette pratique millénaire, nous naissons avec un antérieur la terre, nous vivons avec une destinée le ciel, mais nous avons la possibilité de modifier et l’origine et la direction par ce que nous sommes. Nous restons maîtres de notre chemin.

 

Se tromper n’est donc pas une erreur, c’est à la fois un cheminement et un enseignement. On pourrait même croire en y réfléchissant que c’est un choix. En fait, on ne se trompe jamais, on expérimente toujours. Notre quête d’existence est ainsi. Et cela est bien. Se tromper nous appartient, c’est le fondamental de notre liberté et de notre identité.

 

Et si nous pouvons constater dans les écrits que même les Dieux antiques et l’actuel, les prophètes, les érudits se trompent, alors cela s’avère être véritablement une bénédiction pour nous autres, humains.


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