DES PROPHETES ET DES HOMMES

 « Je revivrai dans un corps d’homme, et je ne ferai rien. Tel un homme une deuxième fois je viendrai parmi vous à la fin des temps. Dans une famille normale, avec des frères et des sœurs et un anonymat de qui je suis même pour ma personne humaine. Je grandirai dans la tentation et le pêché comme un être humain, je connaitrai des peines de cœur, des peines de corps. Je me lierai à mon âme sœur, qui ne se souviendra pas de qui elle est. Et lorsque le moment sera venu, je regarderai les hommes s’entredéchirer et se détruire par la guerre, l’argent, l’envie. Et lorsque cela sera fait, je me laisserai mourir sans contemplation autre que de n’avoir rien fait pour vous sauver. Et de nouveau auprès de mes proches, je procèderai au jugement des âmes pour le passage vers l’autre monde, celui qui vient après la fin de la chair et l’avènement de l’esprit. Accompagné des disciples choisis sur cette terre et dont le feu n’a pas souillé l’âme spirituelle, je reviendrai ensuite à nouveau sur le monde crée par mon père béni des cieux afin de reconstruire un monde par la semence des justes et des éveillés. Car il est écrit que l’homme devra périr afin de renaitre de ses cendres, et que le pécheur n’aura plus loisir de recommencer à vivre.  Ainsi parla le rédempteur au nom du ciel et des abysses » (écrits post-apocalyptiques d’origine inconnu).

 

« Le fils de l’homme » serait de retour. Je pourrais le croire du fait du nombre d’antéchrists d’après mes contemporains, dans les médias et les réseaux sociaux. S’il est revenu sous une forme humaine, à nouveau, considérant surement que la réincarnation par la chair est nécessaire, il en connait désormais les risques, par son passage par la torture, les souffrances de la crucifixion. Et pour information, il ne l’a pas choisi, à l’époque, ses derniers mots : «Eloï, Eloï, lama sabactani ?» (Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?). Je ne suis pas sûr qu’en revenant il apprécia d’un culte où le symbole est sa mort sur la croix… Il doit ressentir aussi la perversion des grandes religions et les cultes nourris par l’argent et le pouvoir manipulatoire. L’homme étant imparfait par nature, ce qu’il crée est imparfait, les religions sont des créations d’humains pas de Dieu. C’est pour cela qu’il risque de croire que ce passage ne serait pas salutaire. Il vivra donc une vie tout à fait banale dans un pays où chacun peut encore vivre en toute discrétion. Il se remémorera avec nostalgie sa première venue, entouré de ses frères et sœurs comme il aimait le dire, ses disciples, la décision de transmettre aux hommes de toutes contrées le message d’un monde meilleur construit sur les bases de l’amour et de la bienveillance. Puis il pleurera chaque être assassiné, torturé et violenté, comme Jean reclus sur l’ile de Patmos, dont la plume tourmentée par l’incompréhension des hommes annonça la fin des temps.

Les hommes n’entendent pas, au nom de leurs croyances génèrent des guerres des plus sanglantes, les peuples « élus » sont devenus plus barbares que leurs antiques tortionnaires.

« Au père tant de morts en ton nom ». L’homme n’est pas digne à son sens de vivre parmi les anges, il serait donc temps qu’il disparaisse ?

Ce Christ loin de l’humanité verra peut-être les flammèches, ces petites lumières qui grandissent dans le cœur de certaines personnes, et cela devrait lui redonner un peu d’espoir. Mais oh combien peut nombreuses. Alors il sera à parier que dans une décision ultime pour le genre humain, il pourrait proposer ceci : puisque son père bien aimé a offert le choix d’un seul être pur pour ne pas raser les villes de Sodome et Gomorrhe, il sera offert à l’humanité du 21ème siècle un même choix. Au nombre d’humains équivalents, il devra y avoir un nombre de « purs » équivalents. Si le nombre n’est pas atteint, la planète Terre sera affranchie du genre humain. Il est certain que l’instabilité du monde risque déjà de réduire le nombre. Dans ce cas, je me pose continuellement la question suivante : mais combien étaient-ils à l’époque ? Je sens que cela va être compliqué, alors ce que je proposerai, c’est que faute de connaître l’objectif minimum, partons sur l’idée d’un maximum, avec un seul but finalement, c’est de tendre vers un « meilleur ensemble » plutôt qu’un « bien tout seul ».

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